La Réparation (titre provisoire)

(c) Mickaël Borremans
Photos de répétitions  (c) Simon Gosselin
(c) Mickaël Borremans
Photos de répétitions (c) Simon Gosselin
(c) Mickaël Borremans
Photos de répétitions (c) Simon Gosselin

Je travaille à créer un spectacle-performance qui inventerait un rituel de justice réparatrice par la fiction, par le théâtre. Je voudrais questionner la manière dont l’art peut devenir un vecteur possible, peut s’inscrire dans une démarche restaurative. J’entreprendrai avec ce projet de provoquer une expérience qui rétablit une forme de justice dans une situation rencontrée où l’apaisement manque.

Qu’est-ce que recouvre le concept de « justice » ?

C’est la question que je me pose concrètement pendant cette année où il m’est offert d’être pensionnaire à La Villa Médicis. Ce terme peut s’entendre dans un sens philosophique et anthropologique, comme un principe moral qui exige le respect du droit et de l’équité. La justice est aussi une action par laquelle le pouvoir judiciaire, une autorité, reconnaît et fait appliquer le droit de quelqu’un ; fonction souveraine de l’État consistant à trancher les litiges entre sujets de droit et définir sur le fondement des lois de la société, des comportements antisociaux. Parce qu’elle organise les rapports entre les membres d’une société, la justice demeure la clef de voûte du schéma social et civique. Pourtant, si chacun s’entend sur l’idée d’une justice parfaite, les opinions divergent quant à son application. La justesse de la justice se mesure à la manière dont celle-ci est rendue. La France et l’Italie ont en commun de connaître une crise de confiance sans précédent face à la justice de leur pays respectif.

L’émergence d’une alternative : La justice restaurative

Il existe des alternatives méconnues et marginales comme la justice restaurative. La justice restaurative consiste en la mise en place d’un face à face consenti devant un tiers neutre, qualifié et impartial entre l’auteur d’une infraction
de même nature.La participation à ces rencontres présuppose que l’auteur, même s’il n’avoue pas les faits, au moins ne les nie pas. Cette approche encore neuve se fonde sur une idée simple mais décisive : en instaurant une authentique démarche de compréhension, les histoires peuvent se répondre. Grâce au collectif et au partage d’expérience, elles peuvent ainsi se réparer. Quelque chose de fondamental lié à la catharsis entre ici en jeu. Je trouve ce dispositif éminemment théâtral.

Inventer une hétérotopie

Lors d’une conférence au Cercle d’études architecturales donnée en 1967, Michel Foucault a théorisé le concept d’hétérotopie (Des espaces autres, 1967). L’hétérotopie désigne un lieu contre-utopique ayant le « pouvoir de juxtaposer en un seul lieu réel plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles. » C’est un lieu sacré et réservé aux individus qui se trouvent en état de crise par rapport à la société dans laquelle ils vivent. Si l’utopie offre un idéal « sans lieu réel », l’hétérotopie, elle, correspond à un lieu réel.
Les oeuvres de ce cycle sur la réparation doivent chacune pouvoir proposer une hétérotopie.

Lorraine de Sagazan, janvier 2023

Press reviews

Promesse d’été : La scène comme lieu de réparation

France Culture, Tous en scène, Aurélie Charon

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