Pour mener de front la thèse de Tchekhov sur une jeunesse privée de (re)pères, Lorraine de Sagazan combine avec justesse une scénographie ouverte entourée par le public, (…) avec une dramaturgie où le jeu des acteurs alimente le vécu de leur personnage de leur propre biographie. Drôle, touchant, émouvant, L’Absence de père accomplit la prouesse de rendre intacts l’énergie de la jeunesse et son revers abyssal, de désespoir et de désillusion.
Fabienne Arvers, Les Inrockuptibles

Les états d’âme de la petite noblesse, les rêves que la vie ensevelit, les désirs que le quotidien contrarie, et l’ennui qui gagne… Il y a tout cela dans cette pièce, dont la jeune Lorraine de Sagazan reprend le titre littéral, L’Absence de père. Comme pour ses précédentes créations, la metteuse en scène s’appuie sur les très bons comédiens de sa compagnie, La Brèche, actualisant le propos sans forcer le parallèle avec le monde actuel.
Jeanne Ferney, La Croix

On est loin d’un jeu pirandellien et proche d’une implication citoyenne du métier d’acteur qui se propage aujourd’hui comme une onde de choc, des acteurs polonais dans le Procès de Krystian Lupa, aux acteurs des spectacles de Milo Rau. (…). Implication qui inclut le public régulièrement mis dans le coup, interpellé (mais nullement apostrophé) dans ce spectacle de Lorraine de Sagazan comme dans ceux qui ont précédé, mais cette fois avec plus de radicalité – sublime fin du spectacle dont je ne dirais rien. (…) Avec l’espace quadrifrontal (…) Lorraine de Sagazan atteint un point culminant.
Jean-Pierre Thibaudat, Médiapart

Avec L’Absence de père, Lorraine de Sagazan franchit un cap notable et orchestre un spectacle bouleversant, époustouflant de justesse, de maîtrise et de vie, porté par une distribution en tout point remarquable.

Marie Plantin, Pariscope

On a affaire à un spectacle choc, extrêmement physique, d’une grande beauté plastique […]. Depuis les cintres, du sable ne cesse de s’écouler sur un décor savamment éclairé. On est saisi, captivé […] par le tableau, de plus en plus sombre, qui se dessine. La société que décrivait Tchekhov, revisitée par le talent incroyable de Lorraine de Sagazan et de ses comédiens, c’est aussi la nôtre.

Nicolas Blondeau, Le Progrès

Adaptant Platonov […] Lorraine de Sagazan y convie ses acteurs à enrichir leurs personnages. Sur les thèmes de l’auteur russe – l’ennui provincial et la vie insatisfaite, l’amour qui s’use, l’argent qui circule – ces trentenaires semblent, tel Platonov, se juger eux mêmes au sein de la société imparfaite que leurs pères leur ont laissée.
Emmanuelle Bouchez, Télérama

On avait quitté Lorraine de Sagazan […] sur le dispositif trifrontal d’Une maison de poupée […] qui confirmait, après un Démons de Lars Norén accaparé avec pas moins d’aplomb, les excellentes dispositions de la jeune metteure en scène […] La revoici désormais en mode quadrifrontal. Une manière, dira-t-on, de resserrer encore plus l’étreinte : d’une part, en cadenassant la relation de proximité avec le public […] et, d’autre part, en convertissant l’espace scénique en une arène d’où nul protagoniste ne pourrait s’évader.
Gilles Renault, Libération

Lorraine de Sagazan dispose […]d’une bande ou d’un collectif de comédiennes et de comédiens unis dans le jeu pour exprimer l’impossible fusion des caractères. La grande force du spectacle réside dans leur travail d’interprétation. Leur spontanéité et leur intelligence, leur sens de la rupture font revenir à la mémoire l’impeccable réalisation des élèves de l’école du Théâtre des Amandiers, sous la direction de Patrice Chéreau en 1987. […] Quel bonheur de retrouver dans leurs prestations la jeunesse pertinente et subtile de leurs prédécesseurs !
Michel Dieuaide, Les Trois Coups

Comme Une maison de poupée, L’Absence de père est une pièce de retrouvailles. Les comédiens des pièces précédentes sont tous au rendez-vous. À commencer par Lucrèce Carmignac, qui met son art du rire comme masque de la douleur au service du personnage de la veuve Anna Petrovna, et Antonin Meyer-Esquerré dont la fougue devient celle du protagoniste central.
Anaïs Héluin, Sceneweb